Cabinet hypnose à Bergerac

Métamodèle

Principes et données du Méta-modèle, informations du livre La structure de la magie de Bandler et Grinder.

1. Suppressions

La suppression est un processus qui élimine des portions de l’expérience originale (le monde) ou de la représentation linguistique complète (la structure profonde).

Trois classes de suppression sont souvent rencontrées en thérapie.

1.1. Réel comparé à quoi ?

La partie de la structure profonde supprimée est un des termes d’une construction comparative ou superlative.
comparatifs : plus ou moins
superlatifs : le plus ou le moins

Deux questions simples pour retrouver les informations manquantes :
pour les comparatifs : comparé à quoi ? Par exemple : « Plus agressif, comparé à quoi ? »
pour les superlatifs : vis-à-vis de quoi ? Par exemple : « Le plus difficile vis-à-vis de quoi ? »

1.2. Clairement et évidemment

Les adverbes en -ment dans les structures de surface sont souvent le résultat de la suppression des arguments de verbes ou mots-processus de la structure profonde.
Exemple : « Évidemment, mes parents ne m’aiment pas. »

Test en utilisant : C’est + adjectif obtenu à partir de l’adverbe + reste de la phrase.
Si la nouvelle structure de surface a le même sens, une suppression a eu lieu.
Exemple de test : C’est évident que mes parents ne m’aiment pas.

Récupérer les informations manquantes en interrogeant la formule : C’est + adjectif
Exemple : « Pour qui est-ce que c’est évident ? »

1.3. Les opérateurs modaux

Ces structures de surface affirment que quelque chose doit se passer, elles nous poussent à nous demander : « Ou quoi ? ».

1.3.1. Il est nécessaire que S1 ou bien S2

où S1 = structure de surface affirmée comme nécessaire, S2 = les informations manquantes

Ces structures de surface sont identifiées par la présence des opérateurs modaux de nécessité : falloir, nécessaire, devoir...

Pour obtenir S2 : « Que se passerait-il si vous n’arriviez pas à... ? » « Sinon, que se passera-t-il ? »

1.3.2. S1 empêche S2 d’être possible

où S2 = structure de surface affirmée comme étant impossible, S1 = informations manquantes

Ces structures de surface sont identifiées par la présence de mots clés ou expressions : pas possible, impossible, pouvoir (Personne ne peut...), ne pas pouvoir, capable (Personne n’est capable...), incapable.

Pour obtenir S1 : « Qu’est-ce qui vous empêche de… ? »

2. Distorsions et nominalisations

Une nominalisation est un verbe ou un mot-processus dans la structure profonde qui apparaît comme un mot-événement ou un nom dans la structure de surface.
Exemple : Le mot-événement ou le nom décision dérivé du verbe ou mot-processus décider
Test : les vrais noms ne peuvent pas être placés dans l’expression : un/une … en cours. De même, si les vrais noms peuvent être placés dans une brouette psychique, ce n’est pas le cas des nominalisations.

Exemple : « La décision de rentrer à la maison m’ennuie. »

Le fait d’inverser les nominalisations aide le patient à percevoir ce qu’il considérait comme un événement fini et hors de son contrôle comme un processus en cours qui peut être modifié.

On interroge la nominalisation directement :
- Y a-t-il un moyen quelconque selon lequel vous pouvez imaginer changer votre décision ?
- Qu’est-ce qui vous empêche de changer votre décision ?
- Que se passerait-il si vous reconsidériez votre décision et que vous décidiez de ne pas rentrer chez vous ?

3. Généralisations

3.1. Indices référentiels

3.1.1. Identifier les indices référentiels

Cas général des indices référentiels manquants

Étape 1 : identifier chaque mot non-processus,
Étape 2 : se demander s’il désigne une personne ou une chose spécifique dans le monde.

Deux questions sont nécessaires pour interroger les indices référentiels manquants :
- Qui, spécifiquement, ou précisément ?
- Quoi, spécifiquement ?

Cas particulier des quantificateurs universels

Les quantificateurs universels tels que : tout le monde, tous, tout, chacun, nul, n’importe lequel, jamais, toujours, chaque fois, tout le temps, nulle part, aucun, rien personne.
Exemple : « Personne ne porte attention à ce que je dis. »

En réponse, mettre l’accent sur la généralisation décrite par le quantificateur universel du patient en l’exagérant à la fois en terme de volume vocal et en insérant des quantificateurs universels supplémentaires dans la structure de surface initiale :
Exemple : « Vous voulez me dire que PERSONNE ne porte JAMAIS attention à ce que vous dites DU TOUT ? »

Une seule exception à la généralisation initie pour le patient le processus d’assignation d’indices de références et vient enrichir sa structure profonde.
Exemple :
- Et bien, non, pas exactement...
- D’accord. Alors, qui spécifiquement, ne fait pas attention à vous ?

3.1.2. Moyens de remettre en question les généralisations

3.1.2.1. Amplifier la généralisation

Comme pour les quantificateurs universels, en mettant l’accent sur la nature universelle de l’affirmation de la structure de surface par l’emploi de quantificateurs universels, on demande au patient de vérifier la nouvelle généralisation en la comparant à son expérience.
Exemple :
- C’est impossible de faire confiance à personne.
- Est-ce TOUJOURS impossible pour PERSONNE de faire confiance à personne ?

3.1.2.2. Recherche d’une expérience contradictoire, d’une exception

Demander au patient s’il a vécu une expérience qui contredit sa propre généralisation.
Exemple :
- Avez-vous déjà fait l’expérience de faire confiance à quelqu’un ?
- Avez-vous déjà fait confiance à quelqu’un ?

3.1.2.3. Imaginer une expérience contradictoire

Demander au patient d’imaginer une expérience qui pourrait contredire sa généralisation.
Exemple :
- Pouvez-vous imaginer une circonstance dans laquelle vous pourriez faire confiance à quelqu’un ?

Ensuite, demander au patient la différence entre son expérience et son imagination, ou ce qui l’empêche de réaliser ce qu’il imagine.

3.1.2.4. Expérience contradictoire du thérapeute

Si le thérapeute peut trouver une expérience propre qui soit suffisamment courante pour que le patient en ait fait lui aussi l’expérience, il peut demander si cette expérience contredit sa généralisation.
Exemple :
- Avez-vous déjà fait confiance à un docteur ?

Ensuite, une fois que le patient a reconnecté sa représentation avec son expérience, explorer avec lui les différences.

3.1.2.5. Déterminer ce qui rend la généralisation possible ou impossible

C’est la technique utilisée pour questionner les opérateurs modaux.
Exemple :
- Qu’est-ce qui vous empêche de faire confiance à quelqu’un ?
- Que se passerait-il si vous faisiez confiance à quelqu’un ?

3.1.2.6. Généralisations à propos d’une autre personne

Exemple :
- « Mon mari se dispute toujours avec moi. » Il s’agit d’un prédicat symétrique, qui sous-entend que l’affirmation inverse est exacte. Si le mari de la patiente se dispute avec elle, alors nécessairement elle se dispute avec lui.
- « Mon mari ne me sourit jamais. » Il s’agit d’un prédicat non-symétrique, l’affirmation inverse n’est pas nécessairement exacte. Mais l’expérience montre que l’inverse est psychologiquement exact, conformément au phénomène de projection.

La représentation des processus ou des relations de se disputer avec et de sourire sont incomplètes étant donné qu’une seule personne dans la relation est décrite comme ayant un rôle actif. Pour interroger le rôle de la personne décrite comme passive dans le processus, déplacer les indices référentiels contenus dans la généralisation du patient.
Exemple :
- Vous disputez-vous toujours avec votre mari ?
- Ne souriez-vous jamais à votre mari ?
Si l’inverse de la structure de surface s’avère vrai, en récupérant cette information manquante, alors le patient reconnecte sa représentation avec son expérience.

3.1.2.7. Généralisation sous la forme X ou bien Y

Lorsque Y est supprimé de la structure de surface, il faut rechercher l’information manquante (voir opérateurs modaux).
Exemple :
- Il faut que je m’occupe des autres.
- Ou bien que se passerait-il ?
- Ou bien ils ne m’aimeront pas.
La généralisation complète est donc :
« Il faut que je m’occupe des autres ou bien ils ne m’aimeront pas. »

Cette généralisation peut être reformulée sous la forme équivalente : Si … alors :
« Si je ne m’occupe pas des autres alors ils ne m’aimeront pas. »

Cette généralisation peut être remise en question en introduisant les particules négatives dans les deux parties de la généralisation.
Exemple :
« Si vous vous occupez des autres, est-ce qu’ils vous aimeront ? »

Cette technique de renversement peut être combinée à d’autres techniques (opérateurs modaux, quantificateurs universels...).
Exemple :
« Si vous vous occupez des autres, est-ce qu’ils vous aimeront nécessairement ? / toujours ? »

3.1.2.8. Généralisation complexe d’équivalence

Le patient prononce une structure de surface, fait une pause, puis en prononce une deuxième de même forme syntaxique.
Exemple :
« Mon mari ne m’apprécie jamais... Mon mari ne me sourit jamais. »

Tout d’abord il faut vérifier l’équivalence dans le modèle du patient.
Exemple :
« Est-ce que le fait que votre mari ne vous sourit jamais signifie toujours qu’il ne vous apprécie pas ? »

Ensuite, la patiente peut :
nier l’équivalence : Demander alors comment elle sait en réalité que son mari ne l’apprécie pas.
vérifier l’équivalence : Appliquer la technique de modification de l’index référentiel.
Exemple :
« Est-ce que le fait que vous ne souriez pas à votre mari signifie toujours que vous ne l’appréciez pas ? »

Par expérience, la patiente acceptera rarement cette nouvelle généralisation. Le thérapeute peut alors commencer à explorer la différence entre les deux situations : celle dans laquelle l’équivalence tient, celle dans laquelle elle ne tient pas.
Exemple :
- Non, ce n’est pas la même chose.
- Quelle est la différence ?

3.2. Verbes spécifiés de manière incomplète

Tout verbe est spécifié de manière incomplète. Lorsque l’image issue du verbe et des mots et syntagmes qui l’accompagnent ne permettent pas de visualiser l’événement, alors demander :
Comment / De quelle manière, spécifiquement...

Exemple :
- Susan m’a blessé.
- De quelle manière, spécifiquement, est-ce que Susan vous a blessé ?

3.3. Présuppositions

Notamment toute partie d’une structure de surface qui se trouve après les verbes principaux réaliser, se rendre compte, ignorer... est une présupposition.

Exemple :
« Si tu savais combien j’ai souffert, tu n’agirais pas de cette façon. »
Les présuppositions sont : Je souffre / Tu agis de cette façon / Tu ne sais pas

Demander au patient d’explorer sa présupposition, en spécifiant le verbe par exemple, pour retrouver les informations manquantes.
Exemple :
- Si ma femme est aussi peu raisonnable que la dernière fois que j’ai essayé de lui parler de ça, alors je ne risque pas d’essayer à nouveau.
- Qu’est-ce qui, spécifiquement, vous a semblé peu raisonnable à propos de votre femme ? De quelle manière, spécifiquement, est-ce que votre femme vous a semblé peu raisonnable ?

3.4. Formation sémantique inadéquate

Il s’agit d’une phrase sémantiquement mal formée, et la reconnaître permet au patient d’identifier les parties de son modèle qui sont altérées.

3.4.1. Cause et effet

La structure de surface est sémantiquement mal formée en raison de la croyance qu’une personne (ou un ensemble de circonstances) peut réaliser une action qui déclenche nécessairement chez une autre personne une émotion.

Exemple : « Ma femme me force à être furieux. »
La réponse possible est la même que celle apportée pour les lectures de pensée (voir 3.4.3.)

3.4.2. Mais

X mais Y : cette conjonction fonctionne en permettant d’identifier ce que le patient considère comme raisons ou conditions qui rendent :
- ce qu’il veut impossible : il veut quelque chose (X) mais une condition (Y) l’empêche de l’obtenir.
- ce qu’il ne veut pas nécessaire. : il ne veut pas quelque chose (X) mais quelque chose d’autre (Y) le force à en faire l’expérience.

Quatre choix concernant les causatives implicites :
1) Accepter la relation de cause à effet et demander si les choses se déroulent TOUJOURS de cette manière.
Cela ouvre la possibilité d’exceptions, et l’analyse des différences entre les différentes fois.
Exemple : « Vous mettez-vous toujours en colère lorsqu’elle vous blâme ? »
2) Accepter la relation de cause à effet et demander de spécifier cette causative implicite jusqu’à obtenir une image claire du processus.
Exemple : « De quelle manière, spécifiquement, est-ce que le fait que votre femme vous blâme vous met en colère ? »
3) Remettre en question la relation de cause à effet en répondant par une structure de surface qui renverse la relation.
Exemple :
- Je veux quitter la maison mais mon père est malade.
- Donc si votre père n’était pas malade, alors vous pourriez quitter votre maison, n’est-ce pas ? OU
- Alors, si votre père n’était pas malade, vous quitteriez la maison ?
Cette technique de renversement permet souvent au patient de prendre la responsabilité de sa décision de faire ou de ne pas faire et qu’il affirmait auparavant sous le contrôle de quelqu’un ou de quelque chose d’autre.
4) Une technique supplémentaire consiste à renforcer la généralisation du patient en insérant un opérateur modal de nécessité dans la structure de surface du patient et en lui soumettant à nouveau.
Exemple : « Êtes-vous en train de me dire que le fait que votre père soit malade vous empêche nécessairement de quitter la maison ? »
Si le patient se rétracte, la nécessité peut être remise en question.
Si le patient accepte la version renforcée, explorer comment cette connexion causale de nécessité fonctionne réellement en demandant plus de détails à propos de cette connexion.

3.4.3. Lecture de pensée

La structure de surface est sémantiquement mal formée en raison de la croyance de la part du locuteur qu’une personne peut savoir ce qu’une autre personne pense et ressent sans communication directe de la part de la deuxième personne.
Exemple : « Tout le monde dans le groupe pense que je prends trop de temps. »

S’y ajoutent les structures de surface qui présupposent qu’une personne soit capable de lire les pensées d’une autre personne.
Exemple : « Si elle m’aimait, elle ferait toujours ce que je voudrais qu’elle fasse. » « Je suis déçu que tu n’aies pas pris mes sentiments en compte. »

Causes-effets et lecture de pensée peuvent être traitées de la même manière. Dans aucun cas il n’est spécifié comment ces processus sont accomplis. Ainsi une réponse consiste à demander comment, spécifiquement, ces processus ont lieu.
Exemple :
- Henri me met en colère.
- Comment, spécifiquement, est-ce qu’Henri vous met en colère ?
- Il ne prend jamais en compte mes sentiments.
- Comment savez-vous qu’il ne prend pas en compte vos sentiments ?
- Parce qu’il sort tous les soirs.
- Est-ce que le fait qu’Henri sorte tard la nuit vous met toujours en colère / Est-ce que le fait qu’Henri sort tard la nuit signifie qu’il ne prend jamais vos sentiments en compte ?

Deux façons de remettre en question une structure de pensée :
Comment savez-vous que X ?, où X est la structure de surface du patient
Exemple :
- Elle n’était pas intéressée par moi.
- Comment savez-vous qu’elle n’était pas intéressée par vous ?
Verbe + de quelle manière ?, où le verbe est le verbe de la structure de surface originale du patient.
Exemple :
- Intéressée, de quelle manière ?

3.4.4. La performative manquante

Il s’agit d’affirmations sous la forme de généralisations à propos du monde.
Exemple : « C’est mal de blesser les gens. »

Il existe un certain nombre de mots clés pour identifier les structures de surface de cette classe : bon, mauvais, fou, malade, correct, vrai, faux, seulement (il y a seulement une façon de...)...

Une telle affirmation n’est valable que dans le modèle particulier du patient. Or il n’y a aucune indication selon laquelle le patient reconnaîtrait qu’il puisse y avoir d’autres possibilités. Nous transformons alors cette phrase pour obtenir la structure de surface : « Je te dis que c’est mal pour moi de blesser les gens. »

En fait, chaque structure de surface est dérivée d’une structure profonde qui est représentée par une phrase de la forme : Je te dis que S, où S est la structure de surface. Cette phrase est la performative, le plus souvent supprimée lors de sa dérivation en structure de surface par la suppression de la performative.

Mais cette structure profonde identifie explicitement le locuteur comme source de généralisation sur le monde. Aussi, les généralisations que le patient présente sur le monde sont des généralisations issues de son modèle du monde, vraies pour son modèle de croyances à un moment donné dans le temps, ce que le thérapeute l’aide à reconnaître. A partir de là de nouvelles options pour son modèle sont à découvrir par le patient.